La terre est sage
la pierre aussi...

Poussière d'histoire


Allongé sur la plage, je regardais la mer.
L’homme s’est approché, s’est assis devant moi.
Il avait dans les yeux comme un regard de père,
un de ces pères tu sais, comme on rêve parfois.
 
Il n’a pas dit un mot, juste il s’est assis là,
puis le vent a fouillé au fond de ma mémoire.
Il y a dévoilé la fin de cette histoire
qui avait commencé en même temps que moi.
 
Nos regards se sont liés : c’était inévitable.
Le monde a disparu mais j’étais toujours là.
J’ai vécu mille vies en entendant le sable
que le vent continuait à projeter sur moi.
 
Quand tout s’est arrêté, l’homme avait disparu
mais dans le bruit des vagues, dans le cri des enfants,
j’ai senti une pause dans la ronde du temps.
À ce moment enfin j’ai retrouvé la vue.